Tensions en Iran : Quand Donald Trump et le Pentagone relayent de fausses images de bombardements

Alors que la situation géopolitique s’embrase à nouveau entre Washington et Téhéran, la bataille de l’information fait rage sur les réseaux sociaux. Ces derniers jours, le président des États-Unis, Donald Trump, a multiplié les déclarations incendiaires pour commenter les récentes frappes militaires. Pour illustrer la force de frappe américaine, le locataire de la Maison-Blanche a partagé plusieurs photos d’explosions spectaculaires présentées comme récentes.
Pourtant, une enquête minutieuse de l’émission Info ou Intox de France 24 révèle que ces images n’ont absolument rien à voir avec l’actualité immédiate, mettant en lumière de graves dérives dans la communication officielle de l’administration américaine.
Une fausse frappe à Chabahar relayée au sommet de l’État
Tout commence début juillet 2026, trois semaines seulement après un protocole d’accord censé apaiser le conflit. Alors que Donald Trump annonce vouloir rétablir le blocus naval des ports iraniens, il relaie sur son réseau social Truth Social le message d’un internaute montrant une énorme boule de feu. L’image est présentée comme un bombardement américain sur la ville portuaire de Chabahar, située à l’extrême sud de l’Iran, en représailles à des attaques contre des navires américains.
La publication devient instantanément virale, d’autant qu’elle est officiellement reprise sur X (ex-Twitter) par le compte de la Maison-Blanche, et sur Facebook par le Pentagone (le ministère de la Guerre américain).
Pourtant, une simple recherche d’image inversée permet de démonter rapidement cette version officielle. La photo d’origine, disponible sur la base de données Getty Images, révèle en effet une réalité bien différente; elle illustre les conséquences d’un raid aérien israélien et non d’une attaque américaine, survenu sur un dépôt pétrolier à Téhéran, la capitale, plutôt que dans la ville de Chabahar située à 500 kilomètres de là. De surcroît, la scène s’est déroulée le 15 juin 2025, soit plus d’un an avant les événements récents. Pour couronner le tout, des analyses numériques approfondies de l’image démontrent que celle-ci a été artificiellement modifiée par intelligence artificielle afin d’accentuer son aspect dramatique et spectaculaire.
La récidive du lendemain; une autre photo hors sujet
Si l’internaute à l’origine de la première publication s’est rapidement rétracté en admettant son erreur, Donald Trump, de son côté, n’a présenté aucune excuse ni rectificatif. Pire encore, dès le lendemain, le président américain a publié une seconde photo d’explosion en Iran, cette fois-ci sans le moindre commentaire explicatif.
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Le verdict des journalistes de France 24 est le même : un nouveau hors-sujet. En croisant le cliché avec les archives de l’Agence France-Presse (AFP), les fact-checkeurs ont découvert qu’il s’agissait d’un bombardement ayant ciblé l’aéroport de Téhéran le 7 mars 2026. L’image a donc plus de quatre mois et n’illustre en rien les hostilités de ces derniers jours.
Les dangers de la désinformation institutionnelle
Si n’importe quel internaute peut commettre une erreur d’interprétation, la diffusion de telles approximations par le président de la première puissance mondiale, son administration et son armée pose un problème démocratique et sécuritaire majeur.
En relayant des images falsifiées ou anachroniques sans vérification préalable, la Maison-Blanche s’improvise diffuseur d’infox. Dans un climat international ultra-sensible où le complotisme ne cesse de proliférer, cette légèreté dans la communication présidentielle risque d’envenimer des tensions militaires bien réelles, sur la base de visuels totalement fabriqués.






